
6 h 30 du matin, Champs-Élysées. Le camion régie tourne depuis vingt minutes à la recherche d’une place. Le chef électro attend son matériel. Le réalisateur s’impatiente. Le compteur des heures supplémentaires commence à tourner avant même le premier clap. Scénario classique.
Paris reste une capitale du cinéma mondial. Selon les données 2024 de la Ville de Paris, la capitale a accueilli 94 longs-métrages totalisant 1 148 jours de tournage, malgré les contraintes olympiques. Chaque production affronte le même casse-tête : où garer les 8 à 12 véhicules techniques indispensables au tournage ?
Le ventouseur résout ce problème avant qu’il n’existe. Ce professionnel méconnu sécurise les emplacements, gère les autorisations, et libère les régisseurs d’une charge logistique chronophage. Voici pourquoi cette prestation est devenue incontournable sur les tournages parisiens.
Ventouseur : le métier invisible qui fait tourner les plateaux
Le terme peut surprendre. Le ventousage désigne l’action de réserver des places de stationnement sur la voie publique pour les besoins d’une production audiovisuelle. Le ventouseur installe des dispositifs physiques — cônes, barrières, panneaux — après avoir obtenu les autorisations municipales. Son rôle commence bien avant le jour du tournage.
Le ventousage en bref
Le ventousage consiste à réserver des emplacements de stationnement sur la voie publique pour les véhicules d’une production audiovisuelle. Le ventouseur installe des dispositifs physiques (cônes, barrières) après obtention des autorisations municipales.
La fiche métier CPNEF audiovisuel détaille les besoins logistiques d’un tournage : camions, grues, voitures techniques. Le régisseur général doit organiser l’attribution des loges, cantines, et surtout le stationnement des véhicules. Sans ventouseur, cette mission devient un parcours d’obstacles administratifs.

Sur le terrain, la réalité est brutale. Un long-métrage mobilise facilement une dizaine de véhicules : camion régie, loge maquillage, catering, machinerie, groupe électrogène, véhicules comédiens. Chaque mètre linéaire compte. Chaque place manquante déclenche une cascade de retards. Les productions que j’ai pu observer montrent qu’une logistique mal anticipée peut coûter plusieurs milliers d’euros en heures supplémentaires dès le premier jour.
Le ventouseur appartient à ces métiers de l’ombre, au même titre que d’autres acteurs essentiels qu’on découvre en explorant les coulisses d’un film événement. Son travail reste invisible quand tout fonctionne. Mais son absence se remarque immédiatement.
Paris, capitale du casse-tête logistique pour les tournages
Paris cumule toutes les difficultés. Densité urbaine maximale. Réglementation stricte. Délais administratifs incompressibles. Les arrondissements centraux — 1er, 4e, 8e — imposent des contraintes supplémentaires liées aux zones touristiques et aux événements permanents.
1 148 jours
de tournage longs-métrages à Paris en 2024
Selon Service-Public.fr, l’occupation du domaine public routier nécessite une autorisation d’occupation temporaire (AOT). Cette autorisation donne lieu au paiement d’une redevance dont le montant varie selon l’arrondissement et la durée. Pas de raccourci possible.
Délais à ne pas sous-estimer
À Paris, les demandes d’autorisation de stationnement doivent être déposées au minimum 15 jours avant le tournage. Certains arrondissements touristiques imposent des délais encore plus longs.
Le guide officiel AFAR Fiction précise que le règlement des factures est exigible en amont de toute demande d’autorisation de prise de vues. Autrement dit : pas de paiement, pas de tournage. Cette exigence surprend encore des productions étrangères habituées à plus de souplesse.
Cas concret : Production publicitaire Champs-Élysées
Production publicitaire internationale, 2 jours de tournage prévus. Demande d’autorisation déposée trop tard. Refus de la mairie. Aucune place sécurisée pour les 6 camions régie. Résultat : report du tournage de 3 semaines, surcoût estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros entre frais d’équipe, location matériel et pénalités contractuelles.
L’erreur la plus fréquente que je constate reste la sous-estimation du nombre de places nécessaires. Un long-métrage mobilise facilement 8 à 12 véhicules techniques. Sans anticipation, c’est 2 à 4 heures de retard dès le premier jour de tournage. Ce constat est basé sur l’expérience terrain en région parisienne et peut varier selon les arrondissements et types de productions.
Gérer le ventousage en interne ? Risqué. Le régisseur jongle déjà entre décors, équipes et imprévus. Ajouter les démarches administratives parisiennes — formulaires, délais, relances — revient à multiplier les points de friction. Un prestataire spécialisé comme ventousage-75.fr connaît les rouages de chaque mairie d’arrondissement et anticipe les blocages avant qu’ils ne surviennent.
Ce qu’un ventouseur professionnel change concrètement à votre tournage
Déléguer le ventousage, c’est acheter de la tranquillité. Le gain se mesure en heures économisées, en stress évité, en budget maîtrisé. Comparer cette prestation à une dépense superflue, c’est ignorer le coût réel d’un retard de tournage.

Un ventousage réussi se prépare à l’avance : repérage J-21, dépôt autorisation J-15, validation mairie J-10, pose avis riverains J-5, installation J-1. Le jour du tournage, les emplacements sont prêts. L’équipe technique trouve ses places. Le tournage démarre à l’heure.
Services inclus dans une prestation de ventousage complète
-
Repérage terrain gratuit avant devis
-
Demandes d’autorisations auprès des mairies d’arrondissement
-
Pose des avis aux riverains dans les délais réglementaires
-
Installation et surveillance des dispositifs de réservation
-
Gardiennage nocturne si nécessaire
Le coût du ventousage varie selon le nombre de places, la durée et l’arrondissement. Cette dépense reste marginale face au budget global d’une production. Un retard de 4 heures sur un plateau de 30 techniciens coûte bien plus cher qu’une prestation de réservation professionnelle.
Mon avis : le ventousage n’est pas une option pour les tournages parisiens. C’est une assurance. Les productions qui tentent de gérer cette logistique en interne le regrettent souvent dès le premier imprévu. Un prestataire dédié absorbe les complications administratives et libère le régisseur pour son cœur de métier.
La vraie question pour les professionnels de l’audiovisuel n’est pas « faut-il un ventouseur ? » mais « comment l’intégrer au plus tôt dans la préparation ? ». Pour aller plus loin dans la compréhension de l’industrie cinématographique, les enjeux d’une compétition de festival révèlent d’autres dimensions méconnues de ce secteur.